Les côtes de la Manche Est, de la rade de Saint-Malo au Pas de calais présentent une très grande variété d'aspects. A l'ouvert de la vaste baie du Mont St Michel trop ensablée pour que l'on puisse s'y aventurer, émergent les semis de roches, d'îles et d'îlots de l'archipel de Chausey qui constitue un dédale de chenaux qui peut vite se transformer à basse mer en un labyrinthe.
Des problèmes de navigation que l'on rencontre guère le long des plages rectilignes de la côte ouest du Cotentin entrecoupées de rares caps rocheux. Il faut atteindre presque la pointe extrême N.W. du Cotentin, au Nez de Jobourg pour retrouver un relief accidenté, des collines un peu élevées, un paysage presque breton. Mais passé la grande rade de Cherbourg, et les dernières roches de St Vaast et Barfleur le rivage de la baie de Seine va présenter un tout autre visage avec ses longues plages de sable découvrant sur plusieurs centaines de mètres en avant de petites falaises ou de collines arrondies, toujours verdoyantes.
C'est toutefois l'estuaire de la Seine qui va marquer une véritable frontière. Sans transition le plateau côtier de la Picardie plonge dans la mer en un gigantesque mur de craie que coupent quelques rares valleuses et qui s'étire presque sans interruption jusqu'à la vaste baie de Somme et ses bancs de sable qui découvrent jusqu'à l'horizon. Etonnant contraste entre le vertical et l'horizontal. C'est enfin le cordon de dunes du parc du Marquenterre qui fait la liason avec les collines de Boulogne puis les falaises du cap Gris Nez.
Mais on ne saurait dissocier ces côtes de la Manche Est, des îles anglo-normandes toutes proches. Cet archipel au rivage partout rocheux, escarpé et dentelé par des dizaines de criques qui par beau temps sont autant de mouillage, constitue une zone privilégie pour la petite croisière où à la beauté du littoral, aux particularismes de la vie britannique, s'ajoutent de puissants courants inconstants en force et en direction qui pimentent singulièrement les plaisirs de la navigation et constituent une remarquable école de la mer. Il n'est pas exagéré d'affirmer que celui qui navigue correctement dans toutes ces eaux de la manche en sachant calculer ses horaires de navigation en fonction de la marée et jouer avec les courants violents, est capable de naviguer à peu près partout dans le monde. O rencontre ailleurs des mers plus fortes et dangereuse mais guère plus de complexité."
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