"Le vieux massif de l'Armorique s'étant effondré au cours des derniers millénaires, la mer a envahi les estuaires des rivières, inondé les plaines côtières en créant les baies du Croisic et de Pornichet, ou la baie de Quiberon, mais plus encore, le golfe du Morbihan, une véritable petite mer intérieure.
Le littoral breton offre ainsi, de la presqu'île de Quiberon à l'estuaire de la Loire, une étonnante variété de paysages, une multitude d'anses plus ou moins découvrantes qui sont autant d'abris pour les navigateurs. Aux rivages rocheux, parfois escarpés de Houat, s'opposent les longues plages de la Baule, les plans d'eau tranquilles de la baie de Quiberon et de la Vilaine.
A cette Bretagne rocheuse, tourmentée, succède sans transition, la Vendée sablonneuse et rectiligne. Partout, de Pornic à La Rochelle le sable a envahi le littoral. Les plages encadrent les estuaires, les bancs imposent des courbes sinueuses aux chenaux. Cet envahissement a également donné naissance à de vastes étendues marécageuses, l'eau des ruisseaux ne pouvant plus s'écouler librement vers la mer. La délimitation est alors incertaine entre les terres plates et basses et les eaux. Chaque clocher de village devient un précieux amer remarquable de loin.
Les îles de Noirmoutier, d'Oléron se sont ainsi rattachés peu à peu au continent, ne laissant pour naviguer que d'étroits goulets où les courants prennent de la violence. Aussi les mouillages naturels sont-ils rares. Il a fallu souvent aménager sur les étriers des marais à l'aide de fascines, de perrés en moellons, des bassins qui sont presque essentiellement le domaine des ostréiculteurs.
A leur hauteur, un peu isolé au large, l'île d'Yeu avec son relief un peu accidenté, ses rivages dentelés, présente un singulier contraste avec la côte vendéenne.
Mais ce sont les grandes îles de Ré et Oléron, en assurant une bonne protection contre les vents dominants d'ouest, qui ont permis dans les pertuis rochelais un développement important de la navigation de plaisance.
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