"De Marseille à Gênes, sur 200 milles, le littoral rocheux présente une grande variété. Aux falaises blanches abruptes, parfois très escarpées du massif élevé au sud de Marseille, profondément entaillées par de superbes calanques, succède la côte des Maures, un massif usé, couvert de grands pins, qui poussent dans la mer des caps arrondis que prolongent les îles d'Hyères. Vient ensuite, après la plaine basse de l'embouchure de l'Argens, près de Saint Raphaël, le haut massif de l'Esterel dont les roches rougeâtres, déchiquetées par l'érosion marine, dessinent une multitude de petites criques sauvages. Les plages dans ce chaos de roches n'occupent que le fond de petites anses alors que de Cannes à Nice elles vont former un long cordon qui n'est véritablement interrompu que par le cap élevé d'Antibes.
Cette côte, tout en contraste, se termine par la Riviera et les côtes italiennes de la Ligurie. Les Alpes, en plongeant directement dans la mer, obligent les villages à s'étager sur des pentes souvent abruptes et les routes se frayent difficilement un passage en corniche. En revanche, le long de ce rivage partout très accore, aucune tête de roche n'est à redouter et les caps ne forment que de légères avancées faciles à contourner.
Grande variété également dans l'urbanisation. Autour des grandes villes, elle est bien souvent galopante, les immeubles venant border le front de mer sur des kilomètres au point que l'on parle de bétonnage des côtes. Mais du pont d'un bateau, la Provence et la Côte d'Azur peuvent dévoiler des panoramas d'une remarquable beauté, presque encore sauvage. Les calanques de Marseille, les îles de Porquerolles et de Port Cros, l'avancée des caps Taillat et Camarat en sont les meilleures preuves." |